Congé maternité, paternité et congé de naissance : les règles en 2026
À l'arrivée d'un enfant, chaque parent peut cumuler plusieurs congés successifs : le congé de maternité pour la mère, le congé de naissance de 3 jours et le congé de paternité et d'accueil de l'enfant pour le second parent, ou le congé d'adoption. Depuis le 1er juillet 2026, s'y ajoute pour chacun un congé supplémentaire de naissance de 1 ou 2 mois. Le simulateur calcule leurs dates, les indemnités de chaque parent et la perte de revenu du foyer.
La durée du congé de maternité
Le congé comprend un congé prénatal et un congé postnatal. Il dure 16 semaines pour un 1er ou un 2e enfant (6 avant la date présumée d'accouchement, 10 après), 26 semaines (8 + 18) lorsque le foyer a déjà au moins 2 enfants à charge ou que la mère a déjà mis au monde 2 enfants nés viables, 34 semaines (12 + 22) pour des jumeaux et 46 semaines (24 + 22) pour des triplés ou plus (articles L1225-17 à L1225-19 du Code du travail). Le jour de l'accouchement est le premier jour du congé postnatal.
Exemple : pour un premier enfant attendu le 15 décembre 2026, le congé commence le 3 novembre 2026 et se termine le 22 février 2027, soit 112 jours. Ces dates changent en cas de report de 1 à 3 semaines du prénatal sur le postnatal (avis médical), d'avancement de 2 semaines dès le 3e enfant (4 pour des jumeaux), de congé pathologique (2 semaines avant, 4 après : article L1225-21), de naissance tardive, qui prolonge le prénatal sans réduire le postnatal, ou de naissance très prématurée avec hospitalisation, qui allonge le congé. La salariée doit cesser de travailler au moins 8 semaines, dont 6 après l'accouchement.
Le montant des indemnités journalières
La CPAM additionne les salaires bruts des 3 mois civils précédant le congé, chacun retenu dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026), retire 21 % de charges forfaitaires et divise le résultat par 91,25 (article R331-5 du Code de la sécurité sociale). La CSG et la CRDS de 6,7 % sont ensuite prélevées. L'indemnité est versée pour chaque jour, week-end compris. Elle est au plus de 104,02 € brut, soit 97,05 € net, et au moins de 11,12 €.
Exemple : une salariée payée 2 000 € brut par mois perçoit 2 000 × 3 × 0,79 ÷ 91,25 = 51,95 € brut par jour, soit 48,47 € net, et 5 428,64 € net pour un congé de 112 jours. Une convention collective peut prévoir un maintien de salaire. Les couches pathologiques d'une salariée sont indemnisées comme un arrêt maladie, sans délai de carence.
Le congé de naissance de 3 jours et le congé de paternité
Le père, ou le conjoint, partenaire de PACS ou concubin de la mère, bénéficie d'abord de 3 jours ouvrables de congé de naissance payés par l'employeur, à partir du jour de la naissance ou du premier jour ouvrable suivant (article L3142-4). Suit le congé de paternité et d'accueil de l'enfant de 25 jours calendaires, 32 pour des naissances multiples : 4 jours obligatoires, puis 21 jours (28) à prendre en une fois ou en 2 périodes de 5 jours au moins, dans les 6 mois (article L1225-35). Si l'enfant est hospitalisé dès la naissance en unité spécialisée, la période obligatoire est prolongée de 30 jours au plus.
Exemple : pour une naissance le mardi 15 décembre 2026, le congé de naissance couvre les 15, 16 et 17 décembre, les 4 jours obligatoires vont du 18 au 21 décembre et les 21 jours suivants du 22 décembre 2026 au 11 janvier 2027. Les indemnités se calculent comme celles de la maternité.
Le congé supplémentaire de naissance
Créé par l'article 99 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisé par les décrets du 30 mai 2026 (n° 2026-419, 2026-425 et 2026-426), ce congé de 1 ou 2 mois par parent concerne les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026, ou nés avant 2026 pour un terme prévu en 2026. Il se prend après le congé de maternité, de paternité ou d'adoption, d'une traite ou en 2 périodes d'un mois, en même temps que l'autre parent ou en alternance. Les mois se comptent de date à date : un congé débutant le 12 janvier 2027 couvre le premier mois jusqu'au 11 février.
Un salarié perçoit 70 % de son indemnité journalière de maternité le 1er mois, puis 60 % le 2e, sans minimum : 33,92 € net par jour puis 29,08 € pour un salaire de 2 000 € brut, avec un maximum de 72,81 € puis 62,41 € brut. Un mois débuté le 12 janvier 2027 est ainsi payé 31 × 33,92 = 1 051,52 € net. Chaque période doit débuter dans les 9 mois suivant la naissance, soit le 14 septembre 2027 au plus tard pour un enfant né le 15 décembre 2026, ou le 31 mars 2027 pour les enfants nés au 1er semestre 2026 ou avant (service-public.gouv.fr). Ce délai s'allonge avec le congé de maternité, par exemple de 12 semaines pour des jumeaux. Le salarié prévient son employeur un mois avant, ou 15 jours lorsque le congé suit immédiatement la paternité ou l'adoption et débute dans le mois suivant la naissance ou l'arrivée. Un congé d'au moins 58 jours indemnisés valide un trimestre de retraite.
Indépendants, fonctionnaires et demandeurs d'emploi
La travailleuse indépendante reçoit une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € et une indemnité journalière forfaitaire d'au plus 65,84 € brut, soit jusqu'à 7 374,08 € pour 112 jours, la CSG et la CRDS étant prélevées sur les deux ; pendant le congé supplémentaire, l'indemnité est de 46,09 € puis 39,50 € brut par jour. Sous 4 582 € de revenu moyen sur 3 ans, l'allocation tombe à 400,50 € et l'indemnité à 6,58 € par jour, sans réduction à 70 % ou 60 %. Le fonctionnaire conserve son plein traitement pendant les congés de maternité, de paternité et d'adoption ; pendant le congé supplémentaire, son traitement, sa NBI et, hors fonction publique hospitalière, ses primes sont versés à 70 % puis 60 %, tandis que l'indemnité de résidence et le SFT restent entiers. Avec 2 500 € de traitement, 500 € de primes et 75 € d'indemnité de résidence et de SFT, il perçoit 2 175 € brut le 1er mois et 1 875 € le 2e (fiche F39693). Le demandeur d'emploi indemnisé, ou sans emploi depuis moins de 12 mois, perçoit des indemnités calculées sur ses salaires antérieurs ; son allocation chômage est suspendue, puis reportée.
Ce qu'il faut savoir avant de choisir
Le congé supplémentaire ne se cumule ni avec les allocations chômage ou les indemnités journalières, ni avec la PreParE, l'AJPP ou l'AJPA, ni, pour le même enfant, avec le complément de libre choix du mode de garde (sauf pour les enfants nés ou adoptés au 1er semestre 2026, ou nés avant 2026 pour un terme prévu en 2026). Les indemnités de maternité, de paternité et d'adoption sont imposables. Ne confondez pas le congé de naissance de 3 jours, payé par l'employeur, avec le congé supplémentaire, indemnisé par l'Assurance maladie (CPAM ou MSA) ou, pour un fonctionnaire, rémunéré par un traitement réduit. Les règles détaillées figurent dans la foire aux questions des ministères sociaux et sur la fiche F2265.
Estimation indicative établie avec les règles en vigueur au 14 octobre 2026 (plafond de la Sécurité sociale : 4 005 € par mois, 48 060 € par an ; décrets du 30 mai 2026). Les valeurs 2027 ne sont pas encore publiées. Seule votre caisse d'assurance maladie, ou votre administration, fixe le montant exact.