Freelance 18 décembre 2025 ← Toutes les actualités

EI, SASU, EURL : choisir le bon statut en 2026

Auto-entrepreneur, EI au réel, SASU, EURL : comparatif détaillé selon votre activité, votre niveau de revenus et vos objectifs.

Plus de 4,2 millions de travailleurs indépendants en France en 2025. Le choix du statut juridique conditionne lourdement la fiscalité, les charges sociales, la protection et la flexibilité. Voici un comparatif structuré pour faire un choix éclairé en 2026.

Les 4 statuts à comparer

1. Auto-entrepreneur (micro-entrepreneur)

Régime simplifié, plafonné en CA :

Charges sociales : 21,2 à 24,6 % du CA (selon activité). Pas de TVA jusqu'aux seuils de franchise. Comptabilité ultra-simplifiée.

2. EI au régime réel

Pas de plafond. Vous payez vos charges sociales (~45 % du bénéfice) et votre IR sur le bénéfice réel (CA - charges réelles déductibles). Comptabilité à tenir.

3. EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée)

Société à associé unique. Régime fiscal : IR par défaut, ou option à l'IS. Charges sociales sur la rémunération du gérant (~45 % en TNS). Permet de séparer le patrimoine personnel.

4. SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)

Société à associé unique. Régime fiscal IS par défaut. Le président est assimilé salarié (charges salariales et patronales sur sa rémunération, ~75-80 %). Pas de cotisations URSSAF sur les dividendes.

Comparatif fiscalité & charges (cas freelance à 80 k€ de CA)

StatutCharges socialesImpôtNet annuel approximatif
Micro-BNC~24,6 %TMI sur 66 % du CA~50 000 €
EI au réel~45 % bénéficeTMI sur bénéfice~46 000 € (avant déductions)
EURL à l'IR~45 % bénéficeTMI sur bénéfice~46 000 €
EURL à l'IS~45 % rémunération15-25 % IS + 30 % PFU dividendes~50-55 000 €
SASU~75 % rémunérationIS + PFU dividendes~48-52 000 €

Hypothèses : 8 k€ de frais professionnels réels, TMI 30 %.

Quand choisir auto-entrepreneur ?

Idéal si :

Inconvénients :

Quand passer à l'EI au réel ?

Pertinent si :

Permet la déduction des frais réels (loyer pro, matériel, télécoms, formation, déplacements, comptable…) tout en gardant la responsabilité limitée au seul patrimoine professionnel (depuis la loi 2022).

Quand opter pour la SASU ?

Pertinent si :

Stratégie d'optimisation classique : se verser une petite rémunération (juste de quoi cotiser pour la retraite) et compléter en dividendes chaque année (avec PFU 30 %).

Quand préférer l'EURL ?

Pertinent si :

Cas pratiques chiffrés

Freelance créatif à 60 k€ CA, peu de frais

Comparaison entre auto-entrepreneur et SASU :

L'auto-entrepreneur reste compétitif jusqu'à ~60 k€.

Consultant IT à 120 k€ CA, peu de frais

Boutique e-commerce à 200 k€ CA, 60 k€ de coût des marchandises

Bénéfice ~140 k€. Auto-entrepreneur impossible (vente marchandise plafond 188 700 €). EURL à l'IS optimal.

Les pièges fréquents

Règle pratique simple : auto-entrepreneur jusqu'à 50-60 k€ de CA, EI au réel ou EURL entre 60 et 100 k€, SASU au-delà de 100 k€ ou si optimisation rémunération/dividendes critique.

Le changement de statut : c'est possible

Ce n'est pas un mariage à vie. Vous pouvez :

Le coût de transformation : 500 à 2 500 € selon la nature de l'opération.

Notre conseil final

Il n'existe pas de « meilleur statut » dans l'absolu : tout dépend de votre niveau de CA, de vos charges réelles, de votre TMI, de votre stratégie patrimoniale. Faites un audit chaque année (idéalement avec un expert-comptable spécialisé freelance, ~500-800 €), votre statut optimal peut évoluer avec votre activité. Ne restez pas figé dans un statut « par défaut » uniquement parce qu'il est simple : la simplicité a parfois un coût élevé.

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Outils & guides utiles

🎯 Simulateur TJM cible Calculer en ligne → 📋 Simulateur URSSAF auto-entrepreneur Calculer en ligne → 📖 Guide : Stratégies d'investissement Freelances Construire une stratégie patrimoniale solide en indépendant.

Mentions d'usage · Fiscalité

Cet article reflète la législation fiscale en vigueur à sa date de publication et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.

Les règles fiscales évoluent fréquemment et leur application dépend strictement de votre situation individuelle (composition du foyer, sources de revenus, antériorités).

Pour des arbitrages complexes (transmission, optimisation patrimoniale, restructuration, expatriation), consultez un avocat fiscaliste, un notaire ou un expert-comptable inscrit à un ordre professionnel.

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