L'assurance-vie et le PEA sont les deux piliers fiscaux de l'épargnant français. Plutôt que de les opposer, comprenez leurs forces respectives : ils se complètent souvent mieux qu'ils ne s'affrontent.
Le PEA, l'enveloppe actions
- Plafond : 150 000 € (PEA classique) + 75 000 € (PEA-PME)
- Univers : actions et ETF européens uniquement (mais des ETF synthétiques permettent d'accéder au monde entier)
- Fiscalité : exonération totale d'impôt sur les plus-values après 5 ans (seuls les prélèvements sociaux à 17,2 % s'appliquent)
- Sortie : libre après 5 ans, en capital ou en rente viagère exonérée
L'assurance-vie, l'enveloppe couteau-suisse
- Plafond : aucun (les avantages successoraux jouent jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans)
- Univers : fonds euros (capital garanti) + unités de compte (actions, obligations, immobilier, ETF, monde entier)
- Fiscalité : abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple) sur les gains après 8 ans, puis 7,5 % au-delà
- Succession : 152 500 € exonérés par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans
Lequel choisir ?
Sur la performance brute des actions long terme, le PEA gagne en fiscalité (17,2 % vs 24,7 % en AV au-delà de l'abattement). Mais l'assurance-vie offre plus de souplesse (univers d'investissement plus large, fonds euros, succession optimisée).
Stratégie classique : remplir le PEA en priorité avec un ETF monde, et utiliser l'assurance-vie pour les fonds euros, l'immobilier (SCPI) et l'optimisation successorale. Les deux ne s'opposent pas, ils s'additionnent.
Les frais à scruter
Les frais peuvent réduire de moitié votre performance sur 20 ans. Privilégiez :
- Pour le PEA : courtiers en ligne avec frais de courtage < 0,1 % et 0 € de droits de garde
- Pour l'AV : contrats internet sans frais d'entrée, avec ETF accessibles et frais de gestion < 0,7 %